John Mensah nouvelle victime d'insultes racistes
Créé le 16.02.09 à 08h29 | Mis à jour le 16.02.09 à 12h14 |
FOOT - Un supporter havrais a été arrêté lors de Lyon-Le Havre...

Il y a des cartons rouges qui se comprennent plus que d’autres. Victimes d’insultes racistes répétés d’un supporter havrais lors de Lyon-Le Havre dimanche (3-1), le latéral ghanéen de l’OL a craqué en fin de match se faisant expulser. Mensah avait d’ailleurs demandé à sortir à la mi-temps. Son entraîneur, Claude Puel, qui n'a pas entendu les insultes, a déclaré au micro de Foot+ avoir fait une «faute» en ne sortant pas son défenseur plus tôt.

Le spectateur auteur de ses propos racistes a été arrêté par les forces de l'ordre en fin de rencontre puis placé en garde à vue dans les locaux de l'hôtel de police de Lyon où il a été entendu. Une nouvelle audition est prévue lundi matin. Il fera ensuite l'objet de poursuites pénales de la part du parquet à l'issue de l'enquête.

Annonce dans le stade

«Dès l'échauffement, des supporteurs du Havre ont proféré des insultes racistes envers John Mensah mais aussi Kader Keita, Frédéric Piquionne ou encore Karim Benzema», explique pour sa part le président de l'Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas. «John a très mal pris la chose. Cela a continué durant la rencontre. Cela l'a amené à avoir une attitude de rébellion», précise le président de l'OL, faisant référence à l’expulsion de son joueur.

«Nous avons sans doute fait une erreur au niveau du club de ne pas avoir prévenu les délégués et l'arbitre de ce qui se passait. Nous avons fait un certain nombre d'annonces dans le stade. La police a décidé d'interpeller les auteurs de ces cris de singes. Il s'agit essentiellement d'un supporteur du Havre qui était dans la tribune et qui a été arrêté», ajoute Jean-Michel Aulas.

14 interpellations pour actes racistes en 2007/2008

Le spectateur a été interpellé dans la tribune Jean-Bouin. Le speaker du stade en a fait l'annonce en début de seconde période, vers la 55e minute, avant de rappeler les termes de la loi en matière d'insultes racistes dans un lieu public.

Lors de la saison 2007-2008, 14 interpellations pour actes racistes autour des matches de L1 avaient été effectuées, dont 5 hors des stades, a indiqué le commissaire divisionnaire Michel Lepoix, ancien coordinateur national football, lors d'un colloque intitulé «football professionnel, racisme et engagement citoyen», le 9 février à l'Assemblée nationale.
A.P.


Le fascisme n'est pas un tabou pour Abbiati
LE MONDE | 30.09.08 • Mis à jour le 30.09.08
ROME CORRESPONDANT


Ronaldinho, Kaka, Pato, côté Milan AC ; Viera, Ibrahimovic, Materazzi, côté Inter de Milan. Deux entraîneurs stars, Ancelotti pour les « rossoneri », Mourinho pour les « nerazzurri ». Avant même de commencer dimanche 28 septembre, le 268e derby milanais, remporté 1-0 par le Milan AC grâce à un but de Ronaldinho, était « l'événement ».

Est-ce pour voler la vedette aux vedettes que Christian Abbiati, gardien de but du Milan AC, a apporté sa pierre (noire) à cet édifice clinquant ? La veille de la rencontre, dans un entretien au supplément de la Gazzetta del lo Sport, il a tranquillement déclaré sa flamme pour Benito Mussolini. « Je suis un homme de droite (...), a-t-il expliqué. Je partage certaines valeurs du fascisme : la patrie, l'ordre social, le respect de la religion catholique ». « Je ne partage pas ses erreurs : l'alliance avec Hiltler et l'entrée en guerre surtout, a-t-il nuancé. Mais il faut arrêter de considérer le fascisme comme un tabou ». Au passage, l'auteur de l'entretien nous apprend en outre que le « portier » milaniste possède un buste du Duce dans sa maison et que la sonnerie de son portable entonne l'air de Facetta Nera (« Frimousse noire », ode fasciste et colonialiste).

Le fascisme, un « tabou » ? Depuis plusieurs semaines en Italie, il ne se passe pas un jour sans que le débat sur les vingt ans de règne de Mussolini ne s'enrichisse de nouvelles déclarations d'hommes politiques tentant de faire le tri entre le bon grain et l'ivraie des lois raciales.

Christian Abbiati s'inscrit dans cette lignée « réhabilitationniste », malgré les mises au point de Giorgio Napolitano, le président de la République italienne, rappelant que la République s'est forgée dans les valeurs de la Résistance.

Ce n'est pas la première fois qu'un footballeur italien affiche sa sympathie pour l'extrême-droite. L'ex-capitaine de la Lazio de Rome, Paolo Di Canio, avait pour inepte habitude de signer ses victoires d'un bras tendu. « Ainsi j'appartiens à mon peuple », avait-il expliqué, niant contre toute évidence que ce geste avait une signification politique. Plus récemment, Alberto Aquilani, le milieu international de l'AS Rome, avait avoué posséder une photo de Bénito Mussolini chez lui. Une simple photo ? Abbiati peut se gausser...

Philippe Ridet
Article paru dans l'édition du 30.09.08.


Les ultras frappent deux fois

La finale de la coupe de France a décidément donné l’occasion à certains supporters radicaux du PSG de « s’illustrer ». Selon nos informations, ce n’est pas une mais deux agressions qui ont eu lieu en marge de la rencontre contre Lyon, samedi dernier au Stade France. Au retour du match à 0h50, cinq individus s’en sont en effet pris à un jeune homme noir, entre les stations du RER B La Plaine-Stade de France et Gare du Nord. Ils ont été interpellés par la Brigade des réseaux ferrés, grâce au signalement donné par la victime, qui s’est vue reconnaître huit jours d’interruption temporaire de travail (ITT). A l’issue d’une garde à vue, deux des agresseurs, âgés de 20 à 19 ans, ont fait l’objet d’une comparution immédiate, mardi 27 mai, devant la 23e chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris pour « violences aggravées ». Le plus jeune des deux individus, détenteur d’un billet pour la finale, était pourtant sous le coup d’une interdiction administrative de stade. Il est encore sous mandat de dépôt. Son compère a été remis en liberté pour vice de procédure. Ils comparaîtront à nouveau le 27 juin.

Une « véritable ratonnade »
Avant le match, une autre agression avait eu lieu, sur les quais du RER C à la station Saint-Michel. Selon plusieurs usagers, une trentaine de supporters du PSG, visages découverts, s’en étaient violemment pris à un jeune maghrébin, roué de coups et sauvé par la fermeture des portes de la rame. Les faits ont été révélés par France Bleue Ile de France, via le témoignage d’une jeune femme, qui dit avoir vu des individus se livrant à une « véritable ratonnade », après moult saluts nazis. Un autre témoin a étali, le 26 mai, une main courante dans un commissariat du 5e arrondissement de Paris. Cette base légale a permis l’ouverture d’une enquête préliminaire confiée au Service régional de la police des transports (SRPT). Après visionnage des bandes de vidéo-surveillance de la SNCF, le SRPT — qui n’a pu clairement distinguer l’agression mais de brusques attroupements — a identifié deux hommes faisant partie de la trentaine de supporters sur le quai. Ils ont été entendus le 28 mai. La victime, elle, ne s’est toujours pas fait connaître. D’après les mêmes bandes vidéo et selon plusieurs voyageurs, le jeune homme, en sang, serait descendu tout de suite après son agression à la station de RER François-Mitterrand.

Samy Mouhoubi
Le JDD n° 3203, 1er juin 2008


La Belgique de nouveau aux prises avec le hooliganisme
Le Monde, mardi 27 mai 2008
Bruxelles
Correspondant

L’affrontement entre hooligans du Sporting-Club d’Anderlecht et des jeunes d’origine étrangère s’est produit à Bruxelles pendant plusieurs heures dans la soirée du vendredi 23 mai. Toutefois, les policiers avaient été déployés en nombre et les bagarres ont donc essentiellement opposé les deux groupes mobilisés via Internet aux forces de l’ordre, aux abords du stade Constant Vanden Stock, dans la banlieue de la capitale belge. Quelques blessés ont été relevés, dont trois grièvement atteints, et 193 arrestations opérées. La police, qui a filmé les incidents, espère identifier d’autres fauteurs de troubles. De nombreux commerces, des voitures et une station de métro ont été saccagés.

C’est la première fois que des incidents d’une telle violence éclatent dans la capitale belge, qui compte quelque 25% d’habitants d’origine étrangère. Les stades belges ne sont, pas plus que d’autres, protégés du racisme, mais les clubs et la police étaient, jusqu’ici, parvenus à contenir les incidents. A cours des derniers mois, on a aussi noté, lors de rencontres se déroulant dans les Flandres, des slogans hostiles aux francophones.

Le feu aux poudres
La soirée de violence qui s’est déroulée à Anderlecht inquiète les autorités par son ampleur, mais aussi parce que, pour la première fois, le football a servi de prétexte à un affrontement où le racisme avait une large part. Les manifestants d’origine étrangère, parfois très jeunes selon les autorités municipales, avaient été mobilisés par un appel à « en finir avec les supporters blancs d’Anderlecht ». Certains parlaient aussi de « faire un mort ce soir ». Les Ultras d’Anderlecht espéraient être rejoints par d’autres hooligans venus d’Anvers, de Malines et même d’Amsterdam.

Les incidents couvaient depuis une semaine, lorsqu’une bagarre entre supporters d’Anderlecht et des jeunes d’origine nord-africaine avait éclaté après une victoire des bruxellois devant Gand, en finale de la Coupe de Belgique. Tout au long de la semaine, des appels à la violence avaient été diffusés dans la commune. C’est une affaire de viol qui aurait apparemment mis le feu aux poudres. L’émoi est d’autant plus grand que la municipalité d’Anderlecht multiplie les efforts de prévention pour désamorcer les tensions. L’adjointe au maire chargée de l’intégration est une élue d’origine maghrébine.

Jean-Pierre Stoobants


Bagarres entre supporteurs de Sedan et Grenoble : 7 blessés, dont deux graves
NOUVELOBS.COM | 17.05.2008 | 14:18
Les affrontements entre supporteurs ont fait deux blessés graves et cinq légers, peu avant le match Sedan-Grenoble, comptant pour la 38e et dernière journée de Ligue 2. Les supporteurs de Sedan attendaient ceux de Grenoble à leur descente du train.


Deux jeunes Sedanais interpellés lors de heurts entre supporteurs de Sedan et de Grenoble vendredi soir à Sedan avant le match de Ligue 2 entre les deux clubs, étaient toujours en garde à vue samedi 17 mai et pourraient être déférés, a-t-on appris auprès de la préfecture des Ardennes. Les deux supporteurs, nés en 1983 et 1985 et originaires de Sedan et de Francheval (Ardennes), pourraient être présentés dans la journée au parquet de Charleville-Mézières pour "violences avec armes par destination", a-t-on précisé à la préfecture. Ils ont été interpellés lors d'affrontements qui se sont produits vers 19h00 près de la gare de Sedan entre une cinquantaine de supporteurs grenoblois et autant de supporteurs sedanais qui les attendaient, armés de barres de fer, de pierres, de panneaux de circulation et de cannettes, à leur descente du train.

Sept blessés dont deux graves

Ces incidents ont fait sept blessés, dont deux graves qui souffrent l'un, un Sedanais, d'un traumatisme crânien, et les deux, dont un Grenoblois, de traumatismes faciaux. Le plus sérieusement atteint, un jeune de 21 ans originaire de Grenoble battu à coups de barre de fer, était toujours hospitalisé samedi au centre hospitalier Manchester de Charleville-Mézières pour une fracture ouverte du nez, une fracture des sinus maxillaires et un oedème à l'oeil. "Il n'a pas été opéré, mais il va rester en observation pendant quelques jours, le temps que ça dégonfle", selon une source hospitalière. Les cinq autres blessés, plus légèrement atteints, sont rapidement sortis de l'hôpital de Sedan où ils avaient été admis. Selon Olivier Hardouin, responsable de la sécurité du stade de Sedan, "l'origine de la bagarre serait un différend lié au match aller, au cours duquel les Young Boys de Sedan se sont fait prendre leurs banderoles par les ultras de Grenoble".


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Sport 17/02/2008 - 10:31
Football-Metz: Ouaddou victime d'insultes racistes

La première victoire du FC Metz cette saison à domicile samedi, à l'occasion de la 25e journée de L1, face à Valenciennes (2-1) a été entachée par les insultes racistes dont le capitaine de VA, le Marocain Abdeslam Ouaddou, a été victime. Copieusement abreuvé de propos qui n'ont rien à faire dans un stade de football, ni ailleurs d'ailleurs, durant la première période, Ouaddou a choisi à la pause de se rendre dans la tribune pour s'expliquer avec l'individu qui l'avait pris pour cible, ce qui lui vaudra un carton jaune de la part de l'arbitre. Ce dernier n'avait pas cru bon devoir interrompre la rencontre, ce que les réglements de la Fifa le lui permettent. Au final, Ouaddou a porté plainte, le FC Metz se portant partie civile. Quant à l'auteur des insultes, il a été appréhendé et placé en garde à vue.

2007 © Le Journal du Dimanche


L'agresseur d'un arbitre blessé lors d'un match amateur près d'Ajaccio jugé mardi
AFP - Mardi 5 février 2008, 09h28 AJACCIO (AFP)

Un joueur de football amateur du club d'Afa, près d'Ajaccio, qui a agressé dimanche un jeune arbitre, lui causant d'importantes blessures dont un traumatisme crânien après une rencontre avec le club bastiais l'Etoile filante, sera jugé en comparution immédiate mardi, a-t-on appris de sources concordantes.

"L'arbitre venait de siffler la fin de la rencontre quand le jeune joueur, expulsé quelques minutes auparavant, s'est précipité sur lui et l'a frappé avant que les autres joueurs aient pu l'arrêter", a déclaré à l'AFP le président du club d'Afa, François Faggianelli.

La victime, Damien Montagono, "dont c'était le premier match dans cette catégorie de joueurs, est âgé de 17 ou 18 ans, et son agresseur a probablement six mois de plus que lui", a-t-il souligné.

Le joueur, interpellé lundi en début d'après-midi à son domicile, est en garde à vue et sera présenté mardi en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel d'Ajaccio, "pour violences dans une enceinte sportive ayant entraîné une incapacité temporaire de travail (ITT) supérieure à huit jours", a déclaré à l'AFP le procureur de la République d'Ajaccio, José Thorel.

"L'arbitre, violemment frappé à coups de pied, est toujours hospitalisé et souffre, en plus de ses fractures, d'un traumatisme crânien qui lui vaut trois semaines d'ITT", a précisé le magistrat.

L'agresseur risque trois ans de prison, une amende de 45.000 euros et une interdiction de fréquenter les enceintes sportives pendant cinq ans, a-t-il ajouté.

Le secrétaire d'Etat aux Sports Bernard Laporte a fait part de sa "très vive émotion" après cette agression, dans un communiqué publié lundi soir.

"Ce nouvel incident (...) conforte sa décision de lutter contre toutes les formes de violences dans le sport", ajoute le communiqué, qui rappelle que Bernard Laporte a convoqué une réunion de travail sur ce sujet pour le 12 février.


BERNE - FOOTBALL
Scandale sexuel autour du FC Thoune
Douze joueurs du club - sur 21 personnes arrêtées - sont soupçonnés d'abus sexuels sur une mineure de 15 ans. Les suspects auraient abusé d'une ado à plusieurs reprises depuis le début de l'année. Les supporters du FC Thoune expriment leur malaise
Vincent Donzé et Thérèse Untersander - 13/11/2007
Le Matin

«Scandale sexuel dans le pays hôte de l'Euro!» titrait hier le quotidien allemand Bild dans son édition online. Dès l'annonce de la mise en examen de douze actuels ou ex-joueurs du FC Thoune, soupçonnés d'avoir abusé d'une adolescente de 15 ans, la presse internationale s'est emparée de cette véritable bombe.

Au total, 21 suspects ont été ou seront entendus pour avoir pratiqué des actes de type sexuel sur la jeune supportrice. A l'heure actuelle, les enquêteurs considèrent que ces actes ont été commis « la plupart du temps » avec le consentement de la jeune fille.

L'adolescente - aujourd'hui âgée de 16 ans - interrogée a dit qu'elle était consentante et elle n'a pas porté plainte. Le viol n'a donc pas été retenu. Mais comme elle était mineure au moment des abus qui auraient eu lieu à « plusieurs reprises » et « sous différentes formes » et que la différence d'âge entre les protagonistes dépassait trois ans, le délit est poursuivi d'office.

Les joueurs du capitaine Andreas Gerber ont été interdits de parole par leur président, Kurt Weder. Celui-ci se déclare « consterné ». Kurt Weder, qui insiste sur la présomption d'innocence, s'est contenté de dire que « la direction du club déciderait de mesures éventuelles à la fin de l'enquête ».

Le prochain match du FC Thoune se déroulera vendredi à Sochaux (F), bien qu'on ignore encore les conséquences de ce scandale sur l'avenir de l'équipe. Ses supporters expriment, quant à eux, d'ores et déjà leur malaise. Voire leur dégoût : « Tout ça me fait vomir. Pour la première fois, il m'est vraiment pénible de rouler en voiture avec un autocollant du FC Thoune », écrit un internaute. « Celui qui suit les “fêtes” de Thoune ces dernières années sait que les soupçons ne viennent pas par hasard », écrit un autre fan du club oberlandais.

Pour le FC Thoune, ce scandale tombe au plus mauvais moment, avant une votation pour un nouveau stade. Et son mauvais classement - 9e et avant-dernier du championnat - rend les supporters plus amers encore.

L'enquête, qui pourrait être élargie à d'autres suspects, a démarré il y a deux mois, suite à un indice fourni par l'entourage des joueurs.

Avec les rédactions du Matin, Matin Bleu, Matin Dimanche et Télétop Le Matin Online © Edipresse Publications SA


La mort d'un supporteur, tué par un policier, entraîne des émeutes en Italie
LE MONDE | 12.11.07 | 15h38 • Mis à jour le 12.11.07 | 15h38
ROME CORRESPONDANT


Le football italien est de nouveau confronté à la violence après la mort d'un supporteur de l'équipe romaine de la Lazio, tué par un policier, dimanche 11 novembre, sur une aire d'autoroute près d'Arezzo (Toscane), au cours d'une rixe avec des tifosi de la Juventus Turin.

Qualifiée d'"erreur tragique" par le ministre de l'intérieur, Giuliano Amato, l'intervention du policier de la route pour séparer les deux groupes d'ultras a déclenché une flambée de violence contre les forces de l'ordre aux abords de plusieurs stades. Les incidents les plus violents ont eu lieu en soirée dans le quartier du Stade olympique de Rome, où la rencontre entre l'AS Rome et Cagliari avait pourtant été auparavant annulée.

Pendant plus de trois heures, des centaines de jeunes ont harcelé les forces de l'ordre, faisant une cinquantaine de blessés parmi elles. Unis par la même colère, des ultras de la Lazio et de la Roma ont dévasté les locaux du Comité olympique national italien (CONI), incendié des véhicules et cassé des vitrines. Les événements ont ensuite dégénéré en guérilla urbaine, des groupes de jeunes se lançant à l'assaut d'une caserne de carabiniers et d'un commissariat de police.

Redoutant des troubles après la mort de Gabriele Sandri, un commerçant romain de 28 ans, DJ pendant ses loisirs, les autorités avaient décidé d'annuler le match Inter Milan-Lazio Rome et de repousser de dix minutes en signe de recueillement le début des autres parties de la douzième journée de championnat. Mais les insultes et les manifestations hostiles à la police se sont multipliées, y compris dans les divisions inférieures, et même en marge de certains matches de basket-ball.

A Bergame, la rencontre Atalanta-Milan AC a dû être interrompue au bout de sept minutes, à cause de la violence d'un groupe d'ultras, qui menaçait d'envahir le terrain.

Après les graves incidents qui avaient causé la mort d'un policier, le 2 février en Sicile, à l'issue du derby entre Catane et Palerme, le gouvernement et la Fédération italienne de football (FIGC) ont pris de nombreuses mesures pour améliorer la sécurité dans les stades et mieux contrôler l'accès du public. Pourtant, des scènes de violence continuent d'émailler chaque journée de championnat, en dépit des sanctions prises contre les clubs. Samedi 10 novembre, les supporteurs de Naples n'ont pas été autorisés à accompagner leur équipe à Palerme, à cause d'un précédent violent.

Le maillon faible du dispositif reste la gestion des déplacements de tifosi. La mort du supporteur de la Lazio et les émeutes qui s'ensuivirent pourraient inciter la Fédération et le ministère de l'intérieur à envisager une interdiction générale et prolongée de tous les déplacements de supporteurs.


Jean-Jacques Bozonnet
Article paru dans l'édition du 13.11.07.


Incidents racistes dans les stades italiens
LE MONDE | 05.11.07 | 14h33 • Mis à jour le 05.11.07 | 14h33
BUCAREST CORRESPONDANT

Le climat d'hostilité envers les Roms ne s'est pas atténué en Italie après les obsèques, samedi 3 novembre à Rome, de Giovanna Reggiani, tuée au cours d'une agression par un ressortissant roumain. Le soir même, au stade olympique, des supporteurs du club de football de la Lazio ont entonné des chants racistes visant l'attaquant roumain de la Fiorentina, Adrian Mutu. Dimanche soir, le match entre la Juventus Turin et l'Inter Milan a été retardé car une banderole raciste visait le joueur suédois d'origine croate Zlatan Ibrahimovic dans le stade turinois. - (Corresp.)

Mirel Bran
Article paru dans l'édition du 06.11.07


Allemagne: Dresde réagit aux violences en renonçant à un tournoi
02.11.2007 11:46


Le club de football du Dynamo Dresde (3e div. allemande) a annoncé qu'il ne participerait pas à un tournoi amical, auquel était également inscrit le Lokomotiv Leipzig, pour éviter une répétition des affrontements du week-end dernier entre les supporteurs des deux clubs.

"Nous ne voulons par courir le risque que ce tournoi devienne la cible de gens prêts à recourir à la violence", a expliqué le directeur sportif du Dynamo Dresde, Ralf Minge, dans un communiqué publié jeudi soir.

"Nous voulons envoyer un message fort pour l'avenir: nous ne tolérons plus aucune violence", a renchéri le président du club de l'ex-RDA, Bernd Maas.

Le Dynamo Dresde devait participer au tournoi en salle de Riesa le 5 janvier, compétition destinée à préparer la reprise du championnat après la trêve hivernale.

Le week-end dernier, le match entre l'équipe réserve du Dynamo Dresde et le Lokomotiv Leipzig, comptant pour le championnat de 5e division, avait donné lieu à de violents affrontements entre supporteurs.

Pour ce match considéré comme à hauts risques, les 1.200 policiers déployés avaient procédé à plus de 200 interpellations. La veille, une autre rencontre opposant l'équipe première de Dresde au FC Union Berlin, dans le cadre du championnat de 3e division, avait également été émaillée de violences. (AFP)


FOOTBALL
Bastia sanctionné pour le comportement raciste de certains de ses supporteurs
Articles paru dans l'édition du Monde du 17.10.07

La Commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) va retirer un point au classement de la Ligue 2 à Bastia dans le cadre de « l'affaire Kébé », joueur burkinabé de Libourne Saint-Seurin, victime d'insultes racistes de supporteurs bastiais, a annoncé la LFP, lundi 15 octobre. Une première.

Le Mali exprime son « indignation » après les violences de Lomé

Le gouvernement malien s'est déclaré, lundi 15 octobre, indigné par les incidents survenus à Lomé après le match Togo-Mali et qui ont fait plusieurs dizaines de blessés dans le camp malien dont des joueurs. Le Togo avait été battu (2-0) à domicile par le Mali le 12 octobre lors de la dernière journée de qualifications à la Coupe d'Afrique des nations 2008.


Violences entre supporteurs lors de Croatie-Bosnie
Article paru dans l'édition du Monde du 17.10.07

Le match amical entre la Bosnie et la Croatie (3-5), mercredi 22 août, à Sarajevo, a été émaillé par des violences entre suppoteurs qui ont entraîné des blessures chez cinq d'entre eux, ainsi que quinze interpellations.


Slogans racistes à Rome
QUOTIDIEN : jeudi 16 août 2007

L’UEFA a annoncé l’ouverture d’une enquête après les violences et les slogans racistes qui ont entaché mardi la rencontre entre la Lazio et le Dinamo Bucarest en match aller du tour préliminaire de la Ligue des champions. Cinq Roumains ont été blessés lors d’affrontement avec des supporters de la Lazio en marge du match à Rome (1-1), L’un d’eux était toujours à l’hôpital hier après avoir reçu des coups de couteau. Pendant le match, des supporters romains ont en outre scandé des slogans racistes.

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Vietnam : garves incidents lors d'un match de championnat
mercredi 22 mai 2007
(rubrique "sports", p. 19)

Un match du championnat de football du Vietnam a dû être interrompu dimanche en raison de jets de pierres et de bouteilles sur le terrain. Certains des 5 000 supporteurs de l'équipe de Than Hoa, qui perdait 2-0 sur le terrain de Saigon Port, ont lancé des projectiles sur l'arbitre et ses assistants, qui ont dû arrêter le match à la 66ème minute. Des départs de feu ont également été observés dans l'enceinte du stade de la Zone militaire N.7 de Ho Chi Minh-Ville.
" les sanctions seront très dures s'il est avéré que les supporteurs sont ceux de Thanh Hoa ", a déclaré le responsable du secteur disciplinaire de la Fédération vietnamienne au journal Thanh Nien. Le club de Than Hoa a eu une amende en mars après que des supporteurs ont envahi le terrain lors d'un match contre Danang.

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Agression contre un arbitre : deux joueurs devant le tribunal
mercredi 2 mai 2007
(rubrique « société », p. 16)

Deux joueurs de football, un majeur et un mineur, ont été déférés hier au parquet de Créteil, pour avoir blessé dimanche à Maisons-Alfort (Val-de-Marne) trois arbitres lors d'une bagarre à l'issue d'un match opposant l'équipe locale à celle d'Ivry-sur-Seine.

© Libération


Football : le match entre l'AS Rome et Manchester United perturbé par des violences
LE MONDE | 05.04.07 | 15h04 • Mis à jour le 05.04.07 | 15h04


Une nouvelle fois, la violence s'est invitée autour et dans une enceinte sportive, mercredi 4 avril, au stade olympique de Rome, en marge de la rencontre de quarts de finale de la Ligue des champions entre l'AS Rome et Manchester United.

Des échauffourées ont d'abord éclaté à l'extérieur du stade, dans l'heure précédant la rencontre, entre supporteurs des deux clubs ; puis, durant le match, peu avant la mi-temps, la police italienne est intervenue dans le virage occupé par près de 4 500 supporteurs anglais, à coups de matraques.

Le bilan des bagarres intervenues à l'extérieur du stade est lourd : 18 blessés, dont un Anglais grièvement, après avoir reçu un coup de couteau au cou, selon l'agence de presse italienne Ansa. Ses jours ne seraient cependant pas en danger, d'après l'ambassade britannique à Rome. La charge des policiers dans l'enceinte est, elle, intervenue au moment où les supporteurs mancuniens ripostaient à des jets de projectiles des fans romains, peu avant la mi-temps.


SITUATION À RÉGLER D'URGENCE

Depuis le début de la semaine, la situation était tendue. Manchester United avait donné pour consigne à ses supporteurs, par le biais d'un communiqué publié sur son site Internet, d'éviter certaines zones de la capitale italienne et de ne pas prendre le métro, jugeant que les risques d'agression par des "ultras" romains étaient importants. Les autorités romaines avaient vivement réagi, le préfet déclarant notamment qu'"une lettre de ce genre (...) excit(ait) les esprits et risqu(ait) de provoquer les supporteurs".

William Gaillard, le porte-parole de l'UEFA, l'instance qui organise la Ligue des champions, a annoncé l'ouverture d'une enquête. "Avec tous les incidents que nous avons eus cette année, il y a une situation à régler d'urgence", a-t-il déclaré après la rencontre.

Manchester United a déjà connu des incidents en 8es de finale, en marge du match aller face à Lille, disputé au stade Felix-Bollaert de Lens. La police était intervenue en utilisant des gaz lacrymogènes, après un mouvement de foule dans la tribune des Anglais, où le nombre de supporteurs excédait la capacité prévue. Le club de Lille, qui a été condamné par l'UEFA à une amende de 100 000 francs suisses (près de 60 000 euros), étant jugé principal responsable de l'incident, a décidé de faire appel, mardi 3 avril.

L'AS Rome, de son côté, possède une frange de supporteurs réputés violents. Des affrontements, à Rome, en 2006, avaient déjà eu lieu lors d'une rencontre de Coupe de l'UEFA face à un autre club anglais, Middlesbrough, trois supporteurs étant poignardés.

Pierre Jaxel-Truer
Article paru dans l'édition du 06.04.07.


Week-end de violences dans les stades du championnat de France
LE MONDE | 05.03.07

Les incidents violents ont émaillé, samedi 3 et dimanche 4 mars, trois rencontres du championnat de France de football, qui renoue, cette saison, avec de vieux démons.


Dimanche, le stade de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) a pris des airs de Parc des Princes, à l'occasion du match entre l'équipe réserve du Paris-Saint-Germain et celle du Red Star, en championnat de France amateurs. Selon des témoins cités par l'Agence France-Presse (AFP), une bande d'individus, identifiés comme membres des Boulogne Boys, le groupe le plus extrémiste des supporteurs du PSG, a pris d'assaut une tribune avec des ceinturons et des tessons de bouteille. Trois personnes ont été légèrement blessées. Aucune interpellation n'a été effectuée, la police ayant été dépêchée après le départ des "supporteurs". Pour Jean-Philippe d'Hallivilée, responsable de la communication du PSG, ces affrontements sont nourris des vieilles querelles entre les Boulogne Boys et les Tigris, groupe qui s'est dissous en juillet 2006 et qui désormais supporterait le Red Star. Le match a été définitivement arrêté.


La veille, ce sont des hooligans du FC Utrecht, club des Pays-Bas, qui ont fait le voyage à Sedan, juste pour en découdre avec leurs homologues du PSG, dont l'équipe jouait dans les Ardennes. Les heurts ont commencé dans la ville, puis quelques Néerlandais sont parvenus à s'introduire dans le stade. "Il y a eu trois blessés légers : un stadier du PSG, un supporteur du PSG et un Néerlandais", a déclaré dimanche la secrétaire générale de la préfecture des Ardennes, citée par l'agence Reuters. "Quatre personnes ont été brièvement détenues, a-t-elle précisé. Elles sont restées environ deux heures en cellule de dégrisement et on rejoint leur bus, qui a été escorté à la frontière par la police dans la soirée.

"Samedi encore, le derby entre l'AS Saint-Etienne et l'Olympique lyonnais a été interrompu une vingtaine deminutes, la pelouse étant envahie par des gaz lacrymogènes tirés par les forces de police, pour tenter de calmer les supporteurs des deux camps qui s'étaient échangés des fumigènes. Trois personnes ont été placées en garde à vue. Déjà, à l'arrivée des joueurs lyonnais, les forces de l'ordre avait dû intervenir pour protéger leur car.
Ce derby avait été préparé par des déclarations peu amènes entre les dirigeants des deux clubs. En fond de tensions cette année, le transfert non réalisé, pendant le mercato d'hiver, de Frédéric Piquionne, attaquant des Verts, désireux de jouer à l'OL.
En seconde mi-temps, alors que l'OL menait 3-0 (score final 3-1), des supporteurs des Verts ont brandi des pancartes sur lesquelles les joueurs lyonnais étaient représentés en animaux. Il y était écrit : "La chasse est ouverte, tuez-les." Dans un entretien au
Monde, samedi 3 mars, Bernard Caïazzo, coprésident de l'AS Saint-Etienne, avait expliqué avoir demandé à ses supporteurs de "faire de l'humour".

Dans Le Figaro, M. Caïazzo avait annoncé qu'il serrerait la main du président de l'OL, "car je suis bien élevé, mais je vérifierai que j'ai toujours cinq doigts après". "C'était de l'humour", nous a-t-il aussi confié dimanche soir.

Pour Bernard Caïazzo, les incidents du derby n'ont pas pour origine les déclarations des présidents mais "l'affaire Piquionne" : "Je les regrette, bien sûr, mais il faut relativiser, il n'y a pas eu de blessés." Il souligne aussi "un élément positif" : sur le terrain, les Verts "ont été fair-play, trop peut-être aux yeux de certains, mais cette attitude a permis de conserver l'intégrité physique de tous les joueurs lyonnais avant leur match contre l'AS Rome".

Dimanche soir, sur l'antenne de la radio RTL, Jean-Michel Aulas, le président de l'OL, a accusé son homologue stéphanois d'avoir "dit (à Gérard Houllier, l'entraîneur de l'OL) que Juninho est tellement indispensable dans les très grands matches européens que ce serait trop bête de le perdre pour un mauvais geste". Cette phrase aurait incité l'OL à laisser sa star brésilienne sur le banc de touche avant son match de Ligue des champions, mardi.

Frédéric Thiriez, le président de la LFP, a assuré qu'il y aurait des "sanctions disciplinaires et judiciaires" et que "la répression serait sans faille". Saisie, la commission de discipline de la Ligue convoquera "les deux présidents". "Je voudrais rappeler le rôle des dirigeants avant un derby, a insisté le président de la LFP. Ils doivent être des modérateurs, calmer les passions plutôt que les exciter."

Bruno Caussé


Le derby andalou rattrapé par la haine
Par François MUSSEAU
QUOTIDIEN : vendredi 2 mars 2007
Madrid de notre correspondant

«J 'espère que le châtiment sera exemplaire. Je veux absolument qu'on évite un scénario à l'italienne.» Hier, le secrétaire d'Etat aux sports espagnol, Jaime Lissavetzky, s'est voulu intraitable : le «lamentable spectacle» offert mercredi soir à l'occasion du quart de finale de la Coupe du roi entre le Betis et le FC Séville, les deux clubs de la capitale andalouse, doit donner lieu à une punition retentissante.

Bouteille. A la 57e minute, alors que l'attaquant malien Frédéric Kanouté vient d'ouvrir la marque pour le FC Séville, son entraîneur Juan de Ramos reçoit une bouteille d'eau sur le crâne. Il vacille, s'écroule, perd conscience quelques minutes, avant d'être hospitalisé. Sa vie n'est pas en
danger. Le projectile a été lancé par un supporter du Betis : l'équipe dirigée par Luis Fernandez risque entre 4 et 12 matchs de suspension. La
sanction doit être connue aujourd'hui.

Au cours de ce derby sous haute surveillance, l'agression contre Juan de Ramos ne fut pas le seul incident. Avant la rencontre, disputée dans le
stade du Betis, des échauffourées entre supporters avaient provoqué une dizaine d'interpellations. Dans les gradins, les esprits n'ont pas tardé à s'échauffer, notamment entre ultras des deux clubs. Des responsables du «clan visiteur» ont été pris à partie à plusieurs reprises par des cadres locaux. Dans la tribune d'honneur, le président du FC Séville, José Maria del Nido, a été agressé,
insulté et a reçu un briquet à la figure.

«Qu'il crève». Les plus fanatiques des supporteurs beticos n'en sont pas restés là : pendant que Juan de Ramos gisait à terre, des centaines hurlaient à pleins poumons : «Qu'il crève, ce salaud !» Une fois l'infortuné dans l'ambulance, les mêmes ultras ont lancé une pluie de pierres contre le véhicule. Les deux présidents de club ont lancé un appel au calme, le conflit risquant de s'envenimer. Del Nido, pour le FC, a parlé de «faits ponctuels, non imputables au Betis». Lui et son homologue du club rival, Manuel de Lopera, semblent toutefois récolter ce qu'ils ont eux-mêmes semé.

Depuis début février, ces deux «caciques» indéboulonnables du foot espagnol, au profil suspect ­ chacun est soupçonné de magouilles immobilières ­ multiplient les insultes et les propos incendiaires contre l'équipe adverse. Cette inimitié les a menés à ne plus partager la tribune présidentielle, et à devenir persona non grata dans le club ennemi. Au point que le président de la région d'Andalousie a dû jouer les médiateurs et les convaincre, la veille du derby, d'enterrer la hache de guerre. Une réconciliation aussi factice que tardive.

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Football. Disparu dans les années 90, le phénomène réapparaît dans l'ancienne RDA.
L'Allemagne retrouve ses hooligans
Par Nathalie VERSIEUX
QUOTIDIEN : mercredi 28 février 2007
Berlin de notre correspondante

Le week-end a été calme dans les stades saxons. Et pour cause. La semaine précédente, 60 matchs avaient été annulés sous la pression de la Fédération allemande de football, la DFB, après la violence des dérapages du 11 février : 800 hooligans du club amateur est-allemand Lokomotiv Leipzig avaient, ce jour-là, mis en fuite 300 policiers et blessé 40 personnes, à la sortie d'un match de cinquième division face à l'équipe de réserve de la petite ville d'Aue. Le hooliganisme, qui avait entaché la réputation des clubs ouest-allemands de première division dans les années 90, renaît donc dans l'est du pays.
«C'est un miracle qu'il n'y ait pas eu de morts», assure le porte-parole de la police à Leipzig en évoquant les débordements de violence. Dès la fin du match, une pluie de pavés et de bouteilles s'abat sur les forces de l'ordre, alors que les 300 policiers présents pour cette rencontre à haut risque (les deux clubs étaient déjà ennemis du temps de la RDA) tentent d'escorter les supporteurs d'Aue vers l'extérieur du stade. Les crânes rasés de Leipzig, visiblement bien organisés, se lancent à la poursuite des policiers isolés, tabassant systématiquement ceux qui tombent à terre. Deux membres des forces de l'ordre ne doivent leur survie qu'à l'arrivée de véhicules banalisés.

«Travail social». Choquées, les autorités allemandes optent pour une réponse radicale. Les prochains matchs dans la région se dérouleront sous haute surveillance : lors de chaque rencontre à risque, un procureur sera sur place pour délivrer des mandats d'arrêt, si nécessaire. Le Lokomotiv Leipzig est suspendu jusqu'à nouvel ordre, en mars prochain. Surtout, la fédération régionale décide l'annulation, les 17 et 18 février, de 60 rencontres de clubs amateurs en Saxe. Jamais une suspension d'une telle ampleur n'avait été décidée dans l'histoire du football allemand. «Nous ne pouvons pas permettre que de tels incidents donnent l'impression que tout le football allemand est contaminé», insiste le président de la DFB, Theo Zwanziger.
«Annuler les matchs ne résout rien, rétorque Günter Pilz, sociologue à l'université de Hanovre et spécialiste du hooliganisme. Cela ne fait pas sortir la violence de la tête des fans. On ne peut obtenir de succès qu'en soutenant financièrement le travail social effectué par les fans-clubs.»
L'évolution des quinze dernières années à l'échelle du championnat allemand semble lui donner raison. Le pays, épargné par la violence pendant la Coupe du monde, pensait même en avoir plus ou moins fini avec le hooliganisme. Les clubs de première division, pourris eux aussi par la violence jusqu'au début des années 90, ont, depuis, mis en place un solide travail de prévention qui a porté ses fruits. Le club Hamburger SV, par exemple, comptait entre 300 et 400 supporteurs violents dans les années 80. Ils ne sont plus aujourd'hui qu'une trentaine. Les autres, la quarantaine bedonnante, fréquentent aujourd'hui les stades avec leurs rejetons. Débarrassés de leurs hooligans, les stades de première division ont d'ailleurs connu un regain de fréquentation.
S'inspirant de l'exemple de la Grande-Bretagne et des Pays-Bas, l'Allemagne a mis en place, en 1992, une cellule policière centrale chargée de collecter les informations sur les supporteurs violents, la ZIS. Près de 10 000 noms figurent au fichier ; un sur dix habite la Saxe ; et 150 fans du Lokomotiv Leipzig figurent même au fichier C, qui regroupe les supporteurs les plus dangereux ; 300 autres sont jugés «adeptes de la violence».
Le hooliganisme, phénomène ouest-allemand avant la chute du Mur, s'est déplacé et a changé de visage après la réunification. Le hooligan nouvelle génération ne ressemble guère au stéréotype importé de Grande-Bretagne dans les années 80 : sportif et à jeun dans la bagarre, il soigne son allure et s'affiche drapé dans des vêtements de marque. Adepte des sports de combat, il ne s'intéresse que mollement au foot. Comme il ne soutient aucun club en particulier, il se fait surtout remarquer lors des matchs de l'équipe d'Allemagne à l'étranger, de préférence en Pologne ou en République tchèque. Les bandes de hooligans allemands se donnent alors rendez-vous avec l'«ennemi» en forêt ou dans les zones industrielles désertées plutôt que dans les centres-ville.

«Dinosaures». A Berlin-Est, Dresde ou Leipzig, sinistrés par le chômage, les choses sont différentes. «Les hooligans est-allemands sont en quelque sorte des dinosaures», estime Michael Gabriel, membre de la cellule de coordination des travailleurs sociaux chargés de lutter contre le phénomène. «Les violents, ce sont avant tout des jeunes sans avenir qui expriment leur frustration dans les stades», insiste Günter Pilz. Semaine après semaine, ils se déchaînent à l'issue de matchs amateurs du FC Union à Berlin-Est, du Dynamo de Dresde ou du Lokomotiv Leipzig.
Les clubs, soucieux de rompre le cercle vicieux de la violence, réclament plus de moyens pour lutter contre les hooligans. En vain. Les municipalités de l'Est, souvent au bord de la faillite, n'ont guère les moyens de leur porter secours. Et les règles de la DFB sont claires : la fédération n'accorde de fonds qu'aux municipalités qui investissent, elles aussi, pour lutter contre la violence.

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