Ce texte est issu d'une publication concernant la préparation à un concours de l'Education Nationale : celui des professeurs d'Éducation Physique et Sportive, appelé CAPEPS (Certificat d'Aptitude au Professorat d'Éducation Physique et Sportive). Il a aussi été édité numériquement sur le site d'un professeur EPS-formateur (sauf erreur) de la Réunion : Jean-Paul Castex.
Cette réédition numérique nous est apparue nécessaire pour plusieurs raisons :
d'abord, la recherche de l'authenticité par rapport à l'original. Nous le rééditons non pas parce qu'il est un texte rare : au contraire, l'ouvrage a fait l'objet d'une deuxième édition[1]. Il est donc possible de le trouver très facilement. Par contre dans sa version numérisée, le texte est tronqué de toutes les notes de bas de page qui ont tout simplement disparues alors même que leurs références figurent dans le corps du texte.Quand l'interprétation d'une partition sonne faux on dit que c'est un massacre. Dans le cas présent, on peut dire aussi, sans jugement excessif, qu'il s'agit d'un massacre à partir duquel des copies non vérifiées du texte ont pu se répandre. Y compris sur des sites « officiels » comme ceux dépendant directement des Inspections Pédagogiques Académiques.
ensuite parce que bien que daté, puisque la revue Quel Corps ? s'est auto-dissoute entre la fin 1996 et le début 1997, ce texte témoigne de l'existence d'un courant critique qui reste d'actualité. Bien sûr, ce n'est pas ce texte qui, en lui-même, est fondamental pour la critique radicale du sport mais son intégration dans une totalité historique comprenant bien sûr des textes (théoriques notamment) mais aussi des pratiques négatives dans le champ du sport et de l'éducation physique. On comprend aussi, pourquoi, par exemple, les inspecteurs de l'Education Nationale ne peuvent faire un travail de rectification exigeant une vigilance critique : leurs existences même de bureaucrates s'y opposent.
enfin, le questionnement nécessaire des avatars d'« Internet » où des sites, des articles disparaissent mystérieusement, sans raisons du jour au lendemain : c'est le cas de celui-ci qui semble avoir fusionné avec le site d'une inspection sans doute pour être bureaucratiquement « validé ».Pour ce qui est de l'opération proprement dite de réédition électronique, elle aurait sans doute dû être en même temps une réactualisation des références bibliographiques. Nous y avons renoncé en revendiquant notre minimalisme : étant donné le massacre de la version électronique, seule importait la restitution de l'original sans surcharge. L'opération de réédition consistait surtout en un rétablissement comme lorsqu'on utilise ce mot pour signifier la transformation d'une personne qui est revenue à elle après une maladie. Bien sûr, une ou deux corrections orthographiques, d'autres de typographie (contenues dans l'original) ont cependant été nécessaires. Nous ne prétendons pas bien évidemment échapper aux erreurs nous non plus. Au moins seront-elles de moindre conséquences que celles contenues sur feu le site de Jean-Pierre Castex.
Il est nécessaire de terminer cette présentation en exposant le con-texte de ce texte pour lui donner tout son sens. Nous parlions ci-dessus d'une nécessaire intégration dans une totalité... Ce texte n'est pas dissociable de son complément : un autre texte de Jean-Marie Brohm (alors directeur de publication de Quel Corps?) paru dans ce même ouvrage. La relation interne entre eux consistait dans l'intervention des militants de Quel Corps ? à la faveur de la nomination de Jean-Marie Brohm comme professeur d'universités à Caen. Avant ça, il était presque impossible à ce courant critique de se faire entendre dans des publications institutionnelles. Cette intervention constituait le véritable sens de ces textes qui détonnaient par rapport à tous les autres contenus dans cet ouvrage volumineux. Elle prenait pour cible :
— le grand chantier des inspecteurs et du SNEP-FSU (Syndicat National de l'Education Physique) : l'élaboration d'un programme. Avant les années 1990, l'EPS fonctionnait à l'Ecole sans programme, se contentant d'« instructions ». Pour les bureaucrates, il s'agissait d'imposer un programme dans un souci corporatiste : la reconnaissance conservatrice de cette discipline dans l'actuel système éducatif.
— la critique en règle d'une conception rétrograde de l'EPS : la « didactique » et sa conception héritée du comportementalisme.Puisse donc cette publication redonner vigueur à tous ceux qui ne renoncent pas à transformer le monde, y compris dans le petit milieu des « profs de gym ». Puisse cette réédition activer les armes de la critique radicale du sport même si elles ne peuvent remplacer une intervention concertée des premiers concernés : la jeunesse scolarisée associée à ceux des « profs de gym » encore sensibles au négatif.
[1] La référence de l'ouvrage en question est la suivante : Bernard-Xavier RENE (sous la direction de), L'éducation physique au XXème siècle en France, Paris, collection « Dossier EPS », n° 15, Editions Revue EPS, 1993.