« la bêtise n'est pas que sur les gradins »

De Claude Marcilly au Grouchos, le 5 janvier 2006

J'aurai voulu réagir sur le texte évoquant le Paris-Dakar, mais : pas de possibilité de commenter ce texte.

J'ai déjà réagi, notamment dans le grand soir, contre un « révolté » du Paris-Dakar.

D’abord, je m'étonne de ne trouver absolument nulle part de critiques des intéressés eux-même : les africains. Pourquoi donc prenons-nous la parole à leur place ?

D'autre part, si je suis le premier à prendre la défense de l'afrique contre les multinationales, je préfère choisir un autre terrain que le rallye Paris-Dakar.
Il y a tant à faire pour l'Afrique, pourquoi perdre son énergie en ciblant le Paris-Dakar ?

Enfin voilà ce que je voulais dire, tout ceci sans animosité aucune.

Je vous rejoint tout à fait concernant les dérives du sport dans les pays occidentaux, et notamment le phénomène des supporters. Et chaque fois qu'on me parle de foot, je réagis en évoquant ce concentré de bêtise humaine que l'on peut observer sur les stades.
Le foot n'est devenu qu'un prétexte au défoulement, un défoulement à la fois débile et violent qui se termine parfois avec des morts. Quant aux agissements de certains footballeurs comme Maradonna, on peut s'étonner que le sport puisse accorder une telle fortune à des joueurs au QI aussi faible.
La bêtise n'est pas que sur les gradins.

Mais ce phénomène là n'est pas plus celui du sport que celui du spectacle en général. Certains ont développé des talents avec leur voix ou leurs pieds, mais pourquoi donc faut-il absolument les interwiever ? Alors que des associations comme la vôtre ont des choses beaucoup plus intéressantes à dire.

Merci de m'avoir lu, en espérant qu'un espace soit créé pour que chacun
s'exprime sur votre site.

Claude Marcilly

PS: je n'ai pas pu tout lire sur votre site, je m'exprime sans connaitre tout le contenu de votre site, merci de rectifier mes erreurs de jugement éventuelles.

 

Du GrouCHOS à Claude Marcilly, le 10 janvier 2006

Vous ne semblez pas particulièrement révolté pas le paris-dakar ni non plus douter de vos jugements. Nous allons donc vous corriger et vous comprendrez mieux la nature du projet qui sous-tend ce site

Voilà par exemple une incohérence : comment reconnaître l'intérêt de notre site si vous l'avez mal lu ?

Le balancement dans votre jugement ne trompent pas non plus sur votre animosité : vous ne supporter pas qu'on puisse dépenser son énergie à critiquer le Paris-Dakar. « La bêtise, dites-vous, n'est pas que sur les gradins ». Certes. Et pensez-vous qu'elle vous épargne ?

La bêtise en question s’exprime aussi dans les gradins africains. Est-ce votre animosité qui vous rend aveugle ?

Quant à vos jugements à l’emporte-pièce, voici une « erreur » : vous semblez ignorer que le Paris-Dakar concerne au premier chef les français : les entend-t-on manifester une quelconque critique sur ce massacre sponsorisé ? Si peu… Ni plus ni moins que les africains.

Ainsi, en suivant la logique de votre raisonnement, il ne serait pas possible de critiquer un régime politique totalitaire au nom des Droits de l’homme (par exemple) puisque dans ce cas, ce serait voler la parole aux intéressés. Vous voulez dire sans doute que cet abus de pouvoir intolérable dépasse mille fois dans l’inhumain celui du régime politique en question…

Quand vous lirez attentivement le contenu du site vous comprendrez peut-être que la critique radicale du sport ne différencie pas ethniquement (ou nationalement) son jugement. Au contraire son point de vue est unitaire et son objet transcende les frontières.

Par conséquent, elle ne reconnaît pas non plus les séparations que font certains sociologues entre les pratiques sportives. Vous ne semblez pas vous rendre compte que le jugement que vous portez sur le football (plutôt juste) s’applique particulièrement au rallye Paris-Dakar : combien de morts faudra-t-il encore pour que toute cette souffrance s’arrête ? Vous faîtes-là une erreur qui consiste à être partiel dans votre jugement sur le sport.

Que dire aussi des implications politiques de votre conception de la répartition des richesses dans la société ? Selon le QI ? Mais ce système travaillerait à vous exclure de toute reconnaissance ! Les footballeurs travaillent et leur argent (pour la plupart) n’est pas volé : là comme dans tous les secteurs du monde du travail, il y a des inégalités entre les travailleurs. Il est vrai que dans les gradins, la bêtise leur crie : « feignant ! T’es payé pour quoi ? »... C'est le spectacle qui veut ça : le sport s'y intègre tellement bien qu'il ne fait plus qu'un avec lui.

D'autre part, vous avez conforté notre méfiance concernant l’opportunité d’un forum : quel intérêt s’il s’agit d’un déversoir à préjugés comme celui, éculé, qui consiste à considérer le sport comme étant sali par l’argent ? Quel intérêt si les interventions n'engagent à rien ? Le Grouchos n'est pas là pour divertir le consommateur de critiques sur le sport. C’est un lieu (polysémie !) d’intervention critique.

le GrouCHOS

 

De Claude Marcilly au Grouchos, le 11 janvier 2006

Cher Grouchos,

Ce nom décidément vous va trés bien (que vous soyez seul ou plusieurs)
Je crois que vous êtes complètement à côté de la plaque.
Pour commencer vous dites « Nous allons donc vous corriger ».
Permettez que je fasse de même.

Vous dites : « vous semblez ignorer que le Paris-Dakar concerne au premier chef les français :
les entend-t-on manifester une quelconque critique sur ce massacre sponsorisé ? Si peu... Ni plus ni moins que les africains. »
Mais vous exprimez à merveille mes propres arguments : effectivement on n'entend personne se plaindre du Paris-Dakar... à part vous.

« le Paris-Dakar concerne au premier chef les français » : ah bon? Ca passe avant le chomage, la précarité, la baisse généralisée du pouvoir d'achat, l'augmentation de la pauvreté en France et dans le monde, l'imperialisme américain, la folie de Bush, la montée de l'insécurité ainsi que celle du libéralisme entrainant la destruction des services publics, la misére dans les pays du Sud et notamment l'Afrique, organisée par les multinationales et pseudo-combattues par les nations occidentales, la condition de la femme si misérable dans de nombreux pays, le productivisme effréné et ses conséquences sur le climat, le mépris des grandes compagnies pétrolières qui souillent les côtes européennes et refusent de payer, la puissance méprisable des sociétés agro-alimentaires qui nous imposent leurs OGM et celle des firmes pharmaceutiques qui ne vendent que là où il y a du profit à faire et surtout pas dans les pays africains qui en auraient tellement besoin, ces patrons-voyous qui en toute impunité installent leur société dans des paradis fiscaux pour ne pas payer d'impôt, utilisent la main d'oeuvre là où elle est la moins chère tout en restant eux sur place afin de bénéficier d'un départ en préretraite avec un parachute en or de 37 millions d'euros après avoir licencier des centaines de leurs employés...

Non, vous mon cher Grouchos, face à ces désastres dont les conséquences se chiffrent en trillions de dollars, vous vous occupez du Paris-Dakar... ;o)
Eh bien organisez donc une manif, ouvrez donc un forum si vous en avez le courage. Car vous semblez parler comme si des millions de français étaient derrière vous.
Mais je crois bien être le seul à m'être intéressé à votre cause.

Dois-je encore vous corriger vu les invraisemblances qui parsèment votre courrier:
Le Paris-Dakar « un massacre sponsorisé » :
Ah bon? Et ce qui s'est passé au Rwanda c'est quoi ? Et pourquoi dénoncer les accidents sur le Paris-Dakar alors qu'il y en a dans toutes les compétitions de sport mécanique.
Ne faudrait-il pas non plus ouvrir les yeux et se pencher sur les conséquences de la circulation automobile, la nôtre, celle que l'on vit tous les jours. Pourquoi regarder les morts du Paris-Dakar et oublier ceux qui surviennent tous les jours sur nos propres routes. Des millions de véhicules qui côtoient des millions de personnes... Un danger devenu si banal que nous n'y pensons même plus.
Mais il est plus facile mon cher Grouchos de s'attaquer à des cibles faciles comme le Paris-Dakar que de vouloir démonter un systéme de transport entier... ou de mettre en place un convoi de médicaments pour l'afrique.

Vous vous trompez encore en disant « vous ne supporter pas » : non, en fait je vous supporte trés bien, c'est l'injustice de tous ces désastres humains énoncés plus haut que je ne supporte plus.
Que vous dénonciez le Paris-Dakar je le supporte trés bien, en fait je trouve cela plutôt con.

« Que dire aussi des implications politiques de votre conception de la répartition des richesses dans la société ? Selon le QI ? »
Oui je suis révolté que des médecins gagnent moins que des plombiers, ou des maîtres de recherches moins que de simples commerçants.
Quant à mon QI, il me permet de vous répondre avec une grande aisance et même amusement dirais-je... Donc je n'ai pas à m'en plaindre.

Mais je garde le meilleur pour la fin : « D'autre part, vous avez conforté notre méfiance concernant l'opportunité d'un forum : quel intérêt s'il s'agit d'un déversoir à préjugés comme celui, éculé, qui consiste à considérer le sport comme étant sali par l'argent ? Quel intérêt si les interventions n'engagent à rien ? Le Grouchos n'est pas là pour divertir le consommateur de critiques sur le sport. C'est un lieu (polysémie!) d'intervention critique.»
Alors là : chapeau !!!
Quel intérêt de laisser la parole aux autres vu « qu'il ne s'agit que d'un déversoir à préjugés » (je cite), ou « les interventions n'engagent à rien ».
Ben voyons : seul la parole de Grouchos est digne d'intérêt !!!!! Ah ah!!! Je me marre!!!
Et plus loin nous lisons : « C'est un lieu (polysémie !) d'intervention critique » Ah ah ah!!!
Je rigole de toutes ces contradictions qui en disent long sur l'ouverture d'esprit de mon interlocuteur.
Un lieu d'intervention critique? Où on ne donne la parole qu'à Grouchos?
Et bien bravo!
Je n'ai pas besoin d'en dire plus.
Merci de publier mon intervention sur votre site puisqu'elle « n'engage à
rien »... : c'est vous qui le dites.

Bien à vous

Claude Marcilly
PS: pardon pour toutes les fautes d'orthographe mais elles se situent
essentiellement là où je vous cite