De tout bord on s'accorde pour dire que les derniers Jeux Olympiques on été une profonde réussite. Cette version sportive du « bilan globalement positif » cher à l'époque stalinienne cache mal « les dessous de l'olympisme ».
A l'heure du bilan, ce n'est certainement
pas Jacques ROGGE, ce médecin belge PDG du CIO, qui fera la vérité
sur le nombre de travailleurs morts sur les chantiers athéniens. Il paraît
qu'il n'y en a pas eu plus d'une vingtaine (libération, mercredi 19 mai
2004) …
De même, quand tous les commentateurs s'ébaudissent devant la médaille
de la jeune gymnaste française Émilie LE PENNEC, ont-ils seulement
conscience que derrière les paillettes, c'est une véritable exploitation
des enfants qui est à l'œuvre ? Rien n'est moins sûr lorsqu'on
subit leur enthousiasme pour les futurs Jeux Olympiques de Pékin en 2008.
Pourtant, on sait que les Droits de l'Hommes n'existent pas. Quel syndicat serait
d'ailleurs partie prenante d'un boycott (déjà prôné
par Reporter Sans Frontière) lorsqu'on sait que les syndicats libres
sont interdits là-bas ? C'est bien beau une motion au OIT (Organisation
Internationale du Travail) contre l'exploitation du travail des enfants dans
le monde mais si l'on ne prend pas en compte les camps d'entraînement
sportif chinois, ça ne vaut pas un yuan !
Ne parlons pas non plus de la médaille d'or obtenue par Laure MANAUDOU et de son coût humain ! Rien que lorsqu'on voit son cerbère d'entraîneur qui se comporte comme un adjudant-chef, on mesure les conditions de survie qui ont pu être les siennes pendant ces dernières années. Où peut bien être la vie de cette adolescente sous une telle emprise sportive ? La beauté de sa technique de nage reste bien dérisoire face à toute la souffrance qu’elle recèle.
Et pour terminer, il faut également se rendre à la raison : la production escalvagiste des performances sportives fonctionne massivement à la dope. Ceci est vrai malgré le fait que peu d'athlètes des pays riches se sont fait prendre.
Au sifflet enroué, nous avons
toujours pensé qu'il fallait d'abord envisager le mauvais côté
du sport pour être en mesure de faire un bilan réel.